Syndrome de recouvrement BPCO et apnée du sommeil : pourquoi deux troubles respiratoires sont plus dangereux ensemble
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Syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil expliqué : le danger nocturne méconnu
Lorsque la maladie pulmonaire chronique s’associe à un affaissement nocturne des voies respiratoires, les risques se multiplient. Voici ce que les patients européens doivent savoir sur le diagnostic, les dangers et le traitement.
Qu’est-ce que le syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil ?
Le syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil correspond à la coexistence d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) chez une même personne. La BPCO est une maladie pulmonaire qui bloque le flux d’air et rend la respiration difficile. Le SAOS se caractérise par un affaissement répété des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil, ce qui interrompt la respiration pendant quelques secondes à la fois.
Le terme a été introduit par le chercheur britannique David C. Flenley en 1985 (StatPearls, NCBI Bookshelf, 2024). Il l’a utilisé pour décrire l’association d’un SAOS avec des troubles respiratoires chroniques tels que la BPCO. Comme ces deux affections privent l’organisme d’oxygène, leur association est bien plus dangereuse que chacune d’elles prise isolément. Pour comprendre pourquoi l’oxygène nocturne est si important, consultez notre guide sur le taux d’oxygène pendant le sommeil et les situations où il devient dangereux.
Ce guide s’adresse au public européen et s’appuie sur les données scientifiques utilisées par la Société européenne de pneumologie. Il distingue également l’apnée obstructive des autres formes de cette affection, que nous présentons dans notre guide sur les quatre types d’apnée du sommeil.
- Le syndrome de chevauchement désigne la présence simultanée d’une BPCO et d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil.
- Le concept remonte à David C. Flenley en 1985.
- Cette combinaison est plus nocive que l’une ou l’autre affection seule, car toutes deux réduisent le taux d’oxygène.
Quelle est la fréquence du syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil ?
Le syndrome de chevauchement est plus fréquent que beaucoup ne le pensent. Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2025 dans Sleep Medicine Reviews, s’appuyant sur 41 études et environ 1,87 million de participants, a constaté une prévalence mondiale combinée d’environ 28,3 %. Cela signifie qu’environ un patient atteint de BPCO sur trois souffre également d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil.
En Europe, la même revue de 2025 a rapporté une prévalence d’environ 21,1 % (IC à 95 % : 13,56 à 29,74 %). D’autres estimations sont plus prudentes. Certaines études suggèrent qu’environ 10 à 15 % des personnes atteintes de BPCO souffrent également d’un SAOS, avec des chiffres allant d’environ 11 % à 19 % selon les cohortes. Cette variation s’explique par les différences entre les groupes de patients et les méthodes de dépistage.
- La prévalence mondiale est d’environ 28,3 % des patients atteints de BPCO (méta-analyse de 2025).
- En Europe, la prévalence est d’environ 21,1 %.
- Même les estimations les plus prudentes l’évaluent à 10 à 15 % des patients atteints de BPCO.

Pourquoi le syndrome de chevauchement entre la BPCO et l’apnée du sommeil est-il si dangereux ?
Le syndrome de chevauchement est dangereux parce que les deux maladies réduisent simultanément le taux d’oxygène, et que ce phénomène est plus marqué la nuit. Pendant le sommeil, la respiration ralentit naturellement. En cas de BPCO, les poumons ont déjà du mal à éliminer le dioxyde de carbone. Si l’on y ajoute les collapsus des voies respiratoires provoqués par le SAOS, le taux d’oxygène peut chuter brutalement pendant de longues périodes.
Les médecins appellent ces baisses une désaturation nocturne. Elles sollicitent le cœur et les vaisseaux sanguins. Au fil du temps, cela augmente le risque d’hypertension pulmonaire (pression artérielle élevée dans les artères pulmonaires) et de maladies cardiovasculaires. Le dioxyde de carbone peut également s’accumuler, un état appelé hypercapnie, qui rend l’organisme plus acide et oblige les poumons à travailler davantage.
Les données de mortalité sont préoccupantes. Une étude de référence menée par Marin et ses collègues, publiée dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine en 2010, a suivi des patients pendant plus de neuf ans. Les patients atteints d’un syndrome de chevauchement non traité présentaient une mortalité toutes causes confondues de 42,2 %, contre 24,2 % chez les patients atteints de BPCO seule. Ils ont également connu davantage d’hospitalisations pour exacerbation de la BPCO.
- Les deux maladies réduisent l’oxygène pendant la nuit, provoquant une désaturation sévère.
- Les risques comprennent l’hypertension pulmonaire, les maladies cardiaques et l’hypercapnie.
- Le syndrome de chevauchement non traité a presque doublé la mortalité par rapport à la BPCO seule (Marin 2010).
Quelles sont les causes de l’association entre la BPCO et l’apnée du sommeil ?
Les deux affections partagent des facteurs de risque communs, ce qui explique pourquoi elles apparaissent si souvent ensemble. Le tabagisme, l’inflammation chronique, l’âge et l’obésité augmentent tous le risque de BPCO et de SAOS. Il n’existe pas de cause unique ; plusieurs mécanismes se recoupent plutôt.
Les chercheurs ne considèrent pas le syndrome de chevauchement comme une maladie qui en provoque une autre. Il s’agit plutôt de deux affections distinctes, la BPCO et le SAOS, qui surviennent fréquemment ensemble. Le tabagisme enflamme à la fois les voies respiratoires et les tissus pulmonaires. L’excès de poids, en particulier autour du cou et de l’abdomen, rétrécit les voies respiratoires supérieures et limite l’expansion des poumons. Certains des mêmes mécanismes relient également les problèmes respiratoires à l’irritation des voies respiratoires, comme expliqué dans notre article sur l’asthme et l’apnée du sommeil.
| Facteur de risque commun | Effet sur la BPCO | Effet sur le SAOS |
|---|---|---|
| Tabagisme | Endommage les tissus pulmonaires et les voies respiratoires | Enflamme et fait gonfler les voies respiratoires supérieures |
| Obésité | Limite l’expansion des poumons | Rétrécit la gorge pendant le sommeil |
| Inflammation chronique | Aggrave l’obstruction des voies respiratoires | Augmente la collapsibilité des voies respiratoires |
| Âge avancé | Réduit l’élasticité des poumons | Affaiblit le tonus des muscles des voies respiratoires |
- Le tabagisme, l’obésité, l’inflammation et l’âge augmentent le risque de ces deux maladies.
- Aucune des deux affections ne cause directement l’autre ; elles partagent des causes profondes.
- La prise en charge des facteurs de risque communs, en particulier le tabagisme, aide à traiter les deux affections.

Comment le syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil est-il diagnostiqué ?
Le diagnostic nécessite de confirmer séparément les deux affections. La BPCO est diagnostiquée par spirométrie, un test respiratoire qui mesure la quantité d’air expulsée par les poumons et la vitesse à laquelle elle l’est. Le SAOS est confirmé par une étude du sommeil. Il n’existe pas de raccourci : une personne atteinte de BPCO qui ronfle ou se sent épuisée doit passer un examen du sommeil approprié.
L’examen de référence pour le SAOS est la polysomnographie, une étude du sommeil réalisée pendant une nuit en clinique, qui enregistre la respiration, l’oxygène, la fréquence cardiaque et l’activité cérébrale. Les tests du sommeil à domicile constituent une option plus simple pour de nombreux patients. L’oxymétrie de pouls nocturne, qui mesure l’oxygène au moyen d’un capteur placé au bout du doigt, peut signaler une désaturation nocturne, mais ne peut pas diagnostiquer le SAOS à elle seule. Des analyses des gaz du sang peuvent mesurer les taux de dioxyde de carbone.
| Examen | Ce que l’examen mesure | Ce que l’examen confirme |
|---|---|---|
| Spirométrie | Débit d’air entrant et sortant des poumons | Gravité de la BPCO |
| Polysomnographie | Respiration, oxygène et activité cérébrale pendant la nuit | SAOS (examen de référence) |
| Test du sommeil à domicile | Respiration et oxygène à domicile | SAOS chez les patients concernés |
| Oxymétrie de pouls | Taux d’oxygène dans le sang | Désaturation nocturne |
| Gaz du sang artériel | Oxygène et dioxyde de carbone dans le sang | Hypercapnie |
- La BPCO est confirmée par spirométrie ; le SAOS, par une étude du sommeil.
- La polysomnographie est l’examen de référence pour diagnostiquer le SAOS.
- Un ronflement ou un épuisement diurne chez un patient atteint de BPCO justifie un examen du sommeil.
Comment le syndrome de chevauchement BPCO-apnée du sommeil est-il traité ?
Le traitement de référence du syndrome de chevauchement confirmé est la thérapie par pression positive des voies respiratoires (PAP), généralement la PPC. La PPC délivre un flux d’air continu à travers un masque afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. L’étude de Marin publiée en 2010 a montré pourquoi cela est important : la mortalité toutes causes confondues était de 31,6 % chez les patients présentant un chevauchement traités par PPC, contre 42,2 % chez ceux qui ne l’étaient pas.
Ce bénéfice en matière de survie est la raison principale pour laquelle les médecins donnent la priorité au traitement de la composante SAOS. Chez les patients présentant un taux élevé de dioxyde de carbone (chevauchement avec hypercapnie), des études suggèrent que la ventilation non invasive peut contribuer à réduire les taux de dioxyde de carbone. Le traitement comprend également l’oxygénothérapie supplémentaire si nécessaire, les médicaments bronchodilatateurs, la réadaptation pulmonaire, la vaccination et, surtout, le sevrage tabagique.
| Traitement | Patients concernés | Objectif principal |
|---|---|---|
| Traitement par PPC / PAP | Syndrome de chevauchement confirmé | Maintenir les voies respiratoires ouvertes ; améliorer la survie |
| Ventilation non invasive | Chevauchement sévère avec hypercapnie | Réduire le dioxyde de carbone |
| Oxygénothérapie supplémentaire | Faible taux d’oxygène persistant | Corriger l’hypoxémie |
| Bronchodilatateurs et réadaptation | Composante BPCO | Améliorer le débit d’air et l’endurance |
| Sevrage tabagique | Tous les patients | Ralentir la progression de la maladie |
- La PPC est le traitement de référence et est associée à une meilleure survie (Marin 2010).
- La ventilation non invasive aide les patients présentant un taux élevé de dioxyde de carbone.
- L’oxygène, les bronchodilatateurs, la réadaptation et l’arrêt du tabac contribuent au traitement.
Une échelle de sévérité : où les options plus simples trouvent leur place
Les ronflements ou les difficultés respiratoires ne signifient pas toujours la présence d’un syndrome de chevauchement sévère. Le spectre du SAOS va du simple ronflement au SAOS léger à modéré, puis à une forme sévère de la maladie nécessitant une PPC ou une ventilation. Savoir où vous vous situez sur cette échelle vous aide, ainsi que votre médecin, à choisir les outils appropriés.
Si vous avez un syndrome de chevauchement confirmé ou un SAOS sévère, la PPC ou la ventilation non invasive est indispensable. Cependant, un grand nombre de patients ont du mal à tolérer la PPC, et certaines personnes atteintes de BPCO ronflent seulement ou présentent un SAOS léger aux examens. Pour ce groupe moins sévèrement atteint, les mesures axées sur le confort peuvent jouer un rôle complémentaire aux soins médicaux, mais jamais les remplacer.
1Syndrome de chevauchement sévère ou SAOS modéré à sévère
La PPC ou la ventilation non invasive est prioritaire. Les dispositifs plus simples ne sont pas adaptés dans ce cas. Suivez le plan de votre médecin et utilisez chaque nuit le traitement qui vous a été prescrit.
2SAOS léger à modéré
Collaborez avec votre médecin pour déterminer la meilleure approche. La thérapie positionnelle, la gestion du poids et certaines options nasales peuvent compléter les conseils médicaux pour certaines personnes.
3Ronflement sans apnée importante
Les changements de mode de vie et les dispositifs de confort peuvent réduire le ronflement et améliorer la respiration nasale, mais uniquement après que des examens ont écarté un SAOS important.
Pour les personnes qui ronflent ou souffrent d’un SAOS léger à modéré, une option axée sur le confort consiste en une endoprothèse intranasale souple, telle que Back2Sleep, un dispositif de classe I certifié CE qui maintient doucement les voies respiratoires supérieures ouvertes pendant le sommeil afin de réduire le ronflement et l’obstruction. Elle ne nécessite ni électricité, ni alimentation, ni tuyau, et le kit de démarrage comprend quatre tailles. Ce n’est pas un traitement du syndrome de chevauchement ou du SAOS sévère, et elle ne remplace jamais la PPC ou la ventilation non invasive. Toute personne atteinte d’une BPCO diagnostiquée et présentant une suspicion de SAOS doit d’abord réaliser une étude du sommeil et suivre un traitement prescrit par un médecin.
- La sévérité du SAOS va du ronflement à une forme sévère de la maladie ; commencez par déterminer où vous vous situez.
- Un syndrome de chevauchement sévère impose une PPC ou une ventilation non invasive.
- Les options de confort comme une endoprothèse nasale conviennent uniquement au ronflement ou à un SAOS léger à modéré, en complément des soins médicaux.
Vivre avec le syndrome de chevauchement et savoir quand consulter un médecin
Bien vivre avec un syndrome de chevauchement signifie traiter régulièrement les deux affections et surveiller les signes avant-coureurs. Les ronflements bruyants, les suffocations nocturnes, les maux de tête matinaux, la somnolence diurne et l’aggravation de l’essoufflement nécessitent tous une attention médicale, en particulier si vous êtes déjà atteint de BPCO.
Consultez votre médecin si vous êtes atteint de BPCO et ronflez fortement, vous sentez épuisé malgré une nuit de sommeil ou vous vous réveillez avec des maux de tête. Un diagnostic précoce et un traitement régulier réduisent le risque de baisses dangereuses du taux d’oxygène et d’hospitalisations. En Europe, votre médecin généraliste peut vous orienter vers une spirométrie et une étude du sommeil dans le cadre du parcours de soins de votre pays.
- Soyez attentif aux ronflements, aux suffocations, aux maux de tête matinaux et à la somnolence diurne.
- Les patients atteints de BPCO présentant ces symptômes devraient demander une étude du sommeil.
- Un traitement régulier des deux affections réduit les complications graves.
Ce qu’en disent les utilisateurs de Back2Sleep
Questions fréquemment posées
Qu’est-ce que le syndrome de chevauchement entre la BPCO et l’apnée du sommeil ?
Le syndrome de chevauchement correspond à la coexistence d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). Le chercheur britannique David Flenley a créé ce terme en 1985. Comme ces deux affections réduisent le taux d’oxygène, leur association est plus dangereuse que chacune d’elles prise isolément.
Le syndrome de chevauchement entre la BPCO et l’apnée du sommeil est-il dangereux ?
Oui, c’est particulièrement dangereux. Une étude menée en 2010 par Marin et ses collègues a constaté une mortalité toutes causes confondues de 42,2 % chez les patients atteints du syndrome de chevauchement non traités, contre 24,2 % chez ceux souffrant uniquement de BPCO. Cette combinaison provoque d’importantes baisses nocturnes du taux d’oxygène, augmentant les risques d’hypertension pulmonaire, de maladie cardiaque et d’hospitalisations plus fréquentes.
Comment savoir si vous souffrez à la fois de BPCO et d’apnée du sommeil ?
Chaque affection est confirmée séparément. La BPCO est diagnostiquée par spirométrie, un test respiratoire, tandis que l’AOS nécessite une étude du sommeil. Les signes d’alerte comprennent un ronflement bruyant, des suffocations nocturnes, des maux de tête matinaux, une fatigue diurne et une aggravation de l’essoufflement. Une personne atteinte de BPCO présentant ces symptômes devrait demander à son médecin de lui prescrire un examen du sommeil.
La PPC aide-t-elle les personnes atteintes du syndrome de chevauchement entre la BPCO et l’apnée du sommeil ?
Oui. La PPC maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil et constitue le traitement de référence du syndrome de chevauchement confirmé. L’étude de Marin menée en 2010 a montré que la mortalité était de 31,6 % chez les patients traités par PPC, contre 42,2 % chez ceux qui ne l’étaient pas. La PPC a également réduit les hospitalisations dues aux exacerbations de la BPCO, démontrant un bénéfice manifeste en matière de survie.
L’oxygénothérapie peut-elle remplacer la PPC en cas de syndrome de chevauchement ?
Non. L’oxygénothérapie supplémentaire augmente le taux d’oxygène dans le sang, mais n’empêche pas les collapsus des voies respiratoires qui définissent l’apnée obstructive du sommeil. En cas de syndrome de chevauchement confirmé, l’oxygène ne remplace ni la PPC ni la ventilation non invasive. Les médecins peuvent utiliser l’oxygène en complément d’un traitement par pression positive, et non à sa place, afin de prendre en charge les deux affections.
Un stent nasal peut-il traiter le syndrome de chevauchement entre la BPCO et l’apnée du sommeil ?
Non. Un stent intranasal souple comme Back2Sleep est un dispositif de confort de classe I certifié CE, destiné uniquement au ronflement ou à l’AOS légère à modérée. Il ne constitue pas un traitement de la BPCO et ne remplace jamais la PPC en cas de syndrome de chevauchement confirmé. Toute personne atteinte de BPCO et suspectant une apnée du sommeil doit d’abord réaliser une étude du sommeil et suivre un traitement encadré par un médecin.
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