Comment l’apnée du sommeil non traitée peut aggraver le contrôle des crises chez les adultes épileptiques
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Pourquoi l’apnée du sommeil et l’épilepsie doivent être abordées ensemble avec votre neurologue
Environ un tiers des adultes épileptiques souffrent aussi d’apnée obstructive du sommeil et, pour beaucoup d’entre eux, les nuits nuisent discrètement à l’efficacité du traitement.
Comment l’apnée du sommeil et l’épilepsie sont liées
L’apnée du sommeil et l’épilepsie se chevauchent chez environ un adulte sur trois. Une méta-analyse de 2017 menée par Lin et ses collègues dans Sleep & Breathing a constaté une apnée obstructive du sommeil légère à sévère chez 33,4 % des personnes épileptiques (IC à 95 % : 20,8-46,1 %). Les personnes épileptiques étaient plus susceptibles d’en souffrir que les témoins en bonne santé (rapport de cotes : 2,36), les hommes davantage que les femmes (rapport de cotes : 3,00).
Les troubles respiratoires nocturnes non traités perturbent le sommeil alors que le contrôle des crises est fragile. Les micro-éveils et les éveils corticaux répétés fragmentent le sommeil NREM lent de stade N3, tandis que l’hypoxémie intermittente, c’est-à-dire des baisses répétées du taux d’oxygène dans le sang, met le cerveau à rude épreuve toute la nuit. La fragmentation du sommeil est largement décrite comme abaissant le seuil épileptogène, et les décharges épileptiformes interictales, c’est-à-dire les pointes EEG anormales entre les crises, sont souvent plus nombreuses lorsque le sommeil est instable.
Aucune des sources citées ici ne montre que l’apnée provoque l’épilepsie. En pratique, l’apnée non traitée constitue une contrainte modifiable pour un cerveau déjà irritable, comme c’est le cas après un AVC, où le dépistage des survivants fait désormais partie des pratiques standard.
- Environ un tiers des adultes épileptiques souffrent d’apnée obstructive du sommeil (Lin, 2017).
- Dans les données suisses de HypnoLaus, 49,7 % des hommes et 23,4 % des femmes présentaient des troubles respiratoires du sommeil modérés à sévères (Heinzer, 2015).
- L’apnée est associée à un moins bon contrôle des crises, sans qu’il soit prouvé qu’elle les provoque.
Ce que les essais montrent réellement sur le traitement de l’apnée du sommeil et de l’épilepsie
La pression positive des voies respiratoires corrige efficacement la respiration, le signal concernant les crises est réel, et l’unique essai randomisé était trop petit pour le démontrer.
Le seul essai randomisé contrôlé par placebo factice a inclus 68 adultes atteints d’épilepsie résistante aux médicaments et en a randomisé 35, dont 22 sous CPAP thérapeutique et 13 sous placebo factice (Malow et al., Neurology, 2008). L’indice d’apnées-hypopnées est passé de 16,1 à 3,1 événements par heure sous pression thérapeutique, contre 19,4 à 18,0 sous placebo factice (p<0,0001). Une réduction des crises d’au moins 50 % a été observée chez 28 % du groupe traité et 15 % du groupe placebo factice. Cette différence n’était pas statistiquement significative (p=0,40).
Les données observationnelles montrent le signal le plus fort. Parmi 132 adultes épileptiques adressés pour une polysomnographie, 57,6 % présentaient une apnée obstructive du sommeil, et 73,9 % des patients traités par pression positive des voies aériennes ont obtenu une réduction des crises d’au moins 50 %, contre 14,3 % dans le groupe d’apnées non traité (Pornsriniyom et al., Epilepsy & Behavior, 2014). La méta-analyse de Lin publiée en 2017 a également constaté un meilleur contrôle des crises sous PPC qu’en son absence (rapport de cotes de 5,26). Ces cohortes comparent les personnes qui ont commencé le traitement à celles qui ne l’ont pas fait, et les groupes diffèrent sur bien d’autres aspects que la respiration.
| Étude | Conception | Effet sur la respiration | Effet sur les crises |
|---|---|---|---|
| Malow, Neurology, 2008 | Étude pilote randomisée contrôlée par placebo, 35 patients randomisés | IAH de 16,1 à 3,1 événements/h sous PPC active (p<0,0001) | 28 % contre 15 % ont obtenu une réduction de 50 %, p=0,40, non significatif |
| Vendrame, Epilepsia, 2011 | Observationnelle, répartie selon l’utilisation réelle | Pas le critère d’évaluation de l’étude | De 1,8 à 1,0 crise par mois en cas d’observance (p=0,01), aucun changement en l’absence d’observance |
| Pornsriniyom, Epilepsy & Behavior, 2014 | Cohorte observationnelle, 132 adultes | 83,7 % ont utilisé le traitement 4 heures par nuit, 5 nuits par semaine | 73,9 % contre 14,3 % ont obtenu une réduction de 50 % |
- L’essai randomisé a corrigé la respiration, mais le bénéfice sur les crises n’a pas atteint le seuil de significativité chez les 35 patients.
- Les effets observationnels sont plus importants, mais on ne peut pas exclure que les patients les plus motivés aient utilisé le traitement.
- Dire que c’est prometteur et que cela mérite d’être testé est exact. Dire que c’est prouvé ne l’est pas.

Pourquoi l’observance, et non la prescription, modifie le nombre de crises
L’observance distingue les études où les crises ont diminué de celles où rien ne s’est produit. Vendrame et ses collègues (Epilepsia, 2011) ont réparti les patients selon leur utilisation réelle plutôt que selon la prescription. Les patients observants vis-à-vis de la PPC sont passés de 1,8 à 1,0 crise par mois (p=0,01). Chez les patients non observants, le nombre est passé de 2,1 à 1,8, une variation non significative (p=0,36).
Les chiffres concernant l’absence de crises sont plus frappants. Dans cette série de 2011, 16 des 28 patients observants n’ont plus eu de crises, contre 3 des 13 patients non observants (risque relatif de 1,54, p=0,05).
La question n’est donc pas de savoir s’il faut essayer la PPC, mais si vous pouvez la porter la plupart de la nuit, la plupart des nuits. Signalez le type de masque, l’humidification, le confort de la pression et la congestion nasale lors du premier rendez-vous, car ces détails déterminent si le traitement se poursuit au troisième mois.
- L’amélioration des crises était liée à l’observance, et non à la prescription elle-même.
- Signalez l’ajustement du masque et l’obstruction nasale lors du premier suivi, pas du sixième.
- En France, l’utilisation fait l’objet d’un télésuivi, de sorte que vos heures sont enregistrées automatiquement.
Comment un partenaire de lit peut distinguer une apnée d’une crise nocturne
L’observation du partenaire de lit est souvent ce qui permet de prescrire une étude du sommeil. Les apnées obstructives se répètent de nombreuses fois par heure, généralement avec de forts ronflements entre elles. Les crises nocturnes se manifestent différemment, et quatre éléments permettent de les distinguer.
1Chronométrez, puis vérifiez si le phénomène se répète
Notez la durée de l’épisode et vérifiez s’il revient toutes les quelques minutes pendant plusieurs heures. Des pauses cycliques avec des ronflements bruyants entre elles suggèrent une obstruction. Un épisode unique avec des mouvements stéréotypés évoque une crise d’épilepsie.
2Filmez si vous pouvez le faire en toute sécurité
Une vidéo prise avec un téléphone montrant le thorax, le visage et la position du corps vaut mieux que toute description. L’épilepsie hypermotrice liée au sommeil peut ressembler à une simple agitation ; la vidéo-EEG réalisée dans une unité de surveillance de l’épilepsie permet de les distinguer.
3Noter la position et les bruits
Notez la position de sommeil, si le ronflement s’est arrêté juste avant la pause, et si l’épisode s’est terminé par une reprise haletante ou une inspiration bruyante. Des apnées observées accompagnées d’étouffements nocturnes correspondent au tableau obstructif classique.
4Traiter différemment la respiration après une convulsion
Une respiration qui s’arrête ou reste superficielle après une crise tonico-clonique généralisée n’est pas du ronflement. C’est un signe plus urgent, qui doit figurer dans les notes de l’équipe d’épileptologie, et non dans le dossier consacré à l’apnée.
- Des pauses répétées accompagnées de ronflements bruyants orientent vers une obstruction plutôt que vers une crise d’épilepsie.
- Une courte vidéo prise avec un téléphone vaut mieux que toute description écrite.
- Des difficultés à respirer juste après une convulsion constituent une urgence, pas un problème de ronflement.

Quel questionnaire de dépistage demander
Demandez le questionnaire STOP-BANG ou la Sleep Apnea Scale du Sleep Disorders Questionnaire (SA-SDQ), plutôt que la seule échelle de somnolence d’Epworth. La SA-SDQ était l’outil de dépistage utilisé dans l’essai randomisé de 2008. Le STOP-BANG évalue le ronflement, la fatigue, les apnées observées, la tension artérielle, l’indice de masse corporelle, l’âge, le tour de cou et le sexe, des éléments que les médicaments ne peuvent pas masquer.
L’échelle d’Epworth mesure la somnolence diurne. Dans l’épilepsie, ce signal n’est pas fiable, car les médicaments antiépileptiques sédatifs peuvent atténuer la somnolence et masquer le symptôme dont dépend le questionnaire. La somnolence reste un élément important lorsqu’elle est présente : chez 370 patients consécutifs admis pour une vidéo-EEG, une somnolence diurne excessive pathologique prédisait indépendamment un trouble respiratoire du sommeil modéré à sévère (rapport de cotes de 10,35, p=0,004), au même titre qu’un âge plus avancé et un indice de masse corporelle plus élevé (Sivathamboo et al., Neurology, 2019).
L’épilepsie pharmacorésistante est le cas qui justifie le plus fortement un dépistage. Une étude antérieure portant sur l’épilepsie médicalement réfractaire a constaté qu’un tiers des patients présentaient une apnée avec un indice de perturbation respiratoire égal ou supérieur à 5, et 13 % avec un indice supérieur à 20 (Malow et al., Neurology, 2000).
- Demandez explicitement le STOP-BANG ou le SA-SDQ lors de votre prochain rendez-vous en neurologie.
- Un score d’Epworth normal n’exclut pas l’apnée si vous prenez un médicament sédatif.
- L’épilepsie pharmacorésistante, les ronflements bruyants ou les apnées observées par un proche renforcent l’intérêt d’un dépistage.
Comment les médicaments et la stimulation du nerf vague affectent les voies respiratoires
Certains traitements de l’épilepsie peuvent aggraver la respiration nocturne. Les médicaments antiépileptiques (MAE) sédatifs, notamment les benzodiazépines, ainsi que les médicaments associés à une prise de poids, comme le valproate, la gabapentine et le pérampanel, agissent sur les deux facteurs les plus importants pour les voies respiratoires supérieures : le tonus musculaire et le volume du cou.
La stimulation du nerf vague est le facteur le plus spécifique. Le VNS est associé à des apnées obstructives et centrales, et les réglages à cycles rapides peuvent aggraver ce phénomène. Ainsi, l’apparition de nouveaux ronflements ou leur aggravation après l’implantation doit d’abord donner lieu à une discussion sur les paramètres du dispositif avec votre équipe spécialisée en épilepsie, et non automatiquement à une orientation vers la PPC. Les réglages de stimulation peuvent souvent être ajustés.
Rien de tout cela ne justifie de modifier votre traitement de votre propre initiative. L’arrêt du traitement comporte des risques cliniques et, dans l’UE, peut entraîner des restrictions spécifiques en matière de conduite.
- Les médicaments antiépileptiques sédatifs et associés à une prise de poids peuvent aggraver le rétrécissement déjà marqué des voies respiratoires supérieures.
- L’apparition de nouveaux ronflements après l’implantation d’un VNS ou une modification des réglages doit d’abord faire l’objet d’un échange concernant le dispositif.
- Ne modifiez jamais votre traitement vous-même, car son arrêt comporte des conséquences cliniques et réglementaires.
SUDEP, respiration nocturne et ce que disent réellement les chiffres
La SUDEP désigne la mort subite et inattendue liée à l’épilepsie, et c’est généralement la vraie raison pour laquelle les gens recherchent ce terme à trois heures du matin. Les personnes épileptiques présentent un risque de mort subite 24 fois plus élevé que la population générale. L’incidence est d’environ 0,22 à 1,2 pour 1 000 patients-années dans l’épilepsie en général, passant à 3 à 9 dans l’épilepsie pharmacorésistante et jusqu’à 18 pour 1 000 en cas de crises tonico-cloniques généralisées fréquentes (Symposium de recherche translationnelle sur la SUDEP, Epilepsy Currents, 2026).
La respiration est au cœur du mécanisme. Dans cette même revue de 2026, la plupart des événements de SUDEP sont survenus la nuit après une crise tonico-clonique généralisée, avec une apnée post-critique précoce, puis un ralentissement du cœur et enfin une asystolie terminale. L’apnée centrale post-critique survient dans 22 % des crises.
Voici maintenant la limite qui compte. L’apnée centrale post-critique est une défaillance du contrôle respiratoire provoquée par une crise, et non une apnée obstructive du sommeil ; elle ne se traite pas avec les mêmes outils. Aucune étude citée ici ne montre que le traitement de l’apnée obstructive réduit le risque de SUDEP. La réduction des crises convulsives, en particulier nocturnes, est le facteur le plus clairement associé.
- Le risque de SUDEP se concentre chez les personnes atteintes d’une épilepsie pharmacorésistante et présentant des crises convulsives nocturnes fréquentes.
- L’apnée centrale post-critique et l’apnée obstructive du sommeil sont deux problèmes différents.
- Il n’a pas été démontré que le traitement de l’apnée obstructive réduisait le risque de SUDEP.
Ce qui se passe entre le neurologue et l’étude du sommeil en Europe
Le parcours est court en théorie et lent en pratique. Votre neurologue ou votre médecin généraliste vous adresse à un médecin du sommeil ou à un pneumologue, qui prescrit soit une polygraphie respiratoire à domicile, un enregistrement nocturne portable du débit d’air, de l’oxygène et des efforts respiratoires, soit une polysomnographie complète en laboratoire avec des canaux EEG.
La polysomnographie est privilégiée lorsque la question porte notamment sur les crises, car seule l’étude en laboratoire enregistre l’activité cérébrale en parallèle de la respiration. Un test d’apnée du sommeil à domicile est plus rapide et souvent suffisant en cas d’apnée simple, mais il ne peut pas caractériser les crises nocturnes. Si une maladie modérée ou sévère est confirmée, la pression est réglée au moyen d’un appareil automatique ou d’une étude de titration de la PPC.
Le filtrage administratif national est le point où l’attente se concentre. En France, le traitement de l’apnée par PPC (pression positive continue) ou par orthèse d’avancée mandibulaire, un dispositif d’avancée mandibulaire, nécessite un accord préalable, une autorisation préalable de l’Assurance Maladie, avant tout remboursement. La prise en charge continue est modulée selon l’utilisation télésurveillée : les tranches tarifaires de la LPP font référence à au moins 112 heures par période glissante de 28 jours, soit environ quatre heures par nuit, avec une tranche réduite en dessous de 56 heures. Dans les documents français, l’indice est appelé IAH (indice d’apnées-hypopnées) ; les lecteurs germanophones voient Apnoe-Hypopnoe-Index et Schlafapnoe ; les lecteurs britanniques voient OSAS.
- Demandez quel examen est prévu pour vous : une polygraphie à domicile ou une polysomnographie en laboratoire.
- En France, demandez qui dépose l’accord préalable, car c’est à partir de là que le délai commence à courir.
- Votre durée d’utilisation est mesurée automatiquement : prévoyez donc de respecter le traitement dès la première nuit.
Ce que l’apnée du sommeil et l’épilepsie signifient pour votre permis de conduire dans l’UE
Dans l’UE, l’épilepsie et le syndrome d’apnées obstructives du sommeil sont deux affections distinctes dans l’annexe III des règles relatives au permis de conduire, chacune ayant ses propres critères et son propre calendrier de contrôle. Un conducteur présentant les deux doit satisfaire à chacun de ces critères indépendamment.
La directive 2014/85/UE, qui modifie l’annexe III de la directive 2006/126/CE, inscrit ces catégories dans la loi : le SAOS modéré correspond à un indice d’apnées-hypopnées de 15 à 29, et le SAOS sévère à 30 ou plus. La délivrance ou le maintien du permis exige un contrôle adéquat de l’affection ainsi que le respect du traitement approprié, et les États membres devaient transposer ces dispositions au plus tard le 31 décembre 2015.
L’épilepsie figure à la section 12 de l’annexe III, telle que modifiée par la directive 2009/113/CE, et est définie par deux crises ou plus espacées de moins de cinq ans. La conduite est autorisée six mois après une première crise non provoquée, après évaluation médicale, et un neurologue doit évaluer le syndrome et le type de crise.
Une clause est particulièrement importante ici. Un conducteur qui n’a jamais eu de crises autrement que pendant le sommeil peut être déclaré apte à conduire, à condition que ce profil ait persisté pendant la période sans crise requise pour l’épilepsie. Tout ce qui déstabilise vos nuits peut donc avoir des conséquences sur votre permis, et pas seulement des conséquences cliniques. La directive permet également de recommander de ne pas conduire dès le début du sevrage médicamenteux et pendant les six mois suivants. Les règles nationales varient : confirmez donc la procédure auprès de votre autorité chargée des permis.
| Affection | Définition ou seuil européen | Conducteurs du groupe 1 | Conducteurs du groupe 2 |
|---|---|---|---|
| SAOS modéré ou sévère | IAH de 15 à 29 : modéré ; 30 ou plus : sévère (directive 2014/85/UE) | Contrôle au maximum tous les 3 ans, avec observance du traitement | Contrôle au maximum tous les ans |
| Épilepsie | Deux crises ou plus espacées de moins de 5 ans (directive 2009/113/CE) | Contrôle jusqu’à l’absence de crise depuis au moins 5 ans | 10 ans sans crise et sans médicaments antiépileptiques |
| Crises survenant uniquement pendant le sommeil | Aucune crise autrement que pendant le sommeil | Peut être déclaré apte une fois que le profil a persisté pendant la durée requise | Évaluation par un neurologue selon les règles applicables à l’épilepsie |
| Apnée du sommeil légère | IAH de 5 à 15, classé comme léger par l’Assurance Maladie | En dessous du seuil d’IAH de 15 pour le SAOS | En dessous du seuil d’IAH de 15 pour le SAOS |
- Deux affections, deux régimes de l’annexe III, deux calendriers de contrôle qui s’appliquent indépendamment.
- Les seuils d’IAH de 15 et 30 figurent directement dans la directive 2014/85/UE.
- Les crises survenant uniquement pendant le sommeil font l’objet d’une clause spécifique : des nuits instables peuvent donc avoir des conséquences sur le permis.
Et si votre étude du sommeil s’avère peu sévère
C’est l’issue la plus probable, et presque rien ne vous y prépare. Le taux regroupé de 33,4 % couvre les formes légères à sévères confondues, et seule une minorité se situe au-dessus du seuil d’IAH de 15, à partir duquel les règles européennes relatives à la conduite et les dispositifs de remboursement s’appliquent. Beaucoup de personnes qui passent un test apprennent qu’elles ronflent ou souffrent d’une apnée légère, puis ne se voient proposer aucune solution.
Soyez clair sur cette limite. Si votre résultat indique une apnée modérée ou sévère, la PPC est le traitement étayé par les données disponibles, et aucun dispositif en vente libre, y compris les endoprothèses nasales, ne peut la remplacer. Toutes les études établissant un lien entre le traitement de l’apnée et un meilleur contrôle des crises ont utilisé une pression positive des voies aériennes, principalement chez des patients atteints d’une maladie modérée à sévère et d’une épilepsie pharmacorésistante.
Si le résultat indique de simples ronflements ou une apnée légère confirmée, les options se réduisent rapidement. La thérapie positionnelle, la gestion du poids, la modération de l’alcool et le traitement de l’obstruction nasale sont les mesures généralement privilégiées en première intention. Back2Sleep s’inscrit dans cet intervalle : une endoprothèse intranasale souple en silicone, certifiée CE, de classe I, qui maintient les voies nasales ouvertes pendant le sommeil, sans ordonnance, sans électricité, sans tuyau et avec quatre tailles dans le kit de démarrage. Il s’agit d’un dispositif contre les ronflements et l’apnée légère à modérée, pas d’un traitement des crises, et rien ici ne laisse penser qu’il modifie le risque de SUDEP.
Quel que soit votre choix, veillez à ce que l’équipe spécialisée dans l’épilepsie et le médecin du sommeil restent informés, et continuez à compter les crises. La qualité du sommeil est l’un des rares leviers sur lesquels vous pouvez agir sans modifier votre traitement, et ses effets se manifestent dans les premiers signes avant-coureurs du déclin cognitif liés à l’apnée non traitée.
- Un résultat léger n’est pas une impasse, mais ce n’est pas une raison pour éviter la PPC lorsque l’IAH est égal ou supérieur à 15.
- Demandez votre valeur exacte d’IAH ou d’AHI, car les seuils déterminent les réévaluations de l’aptitude à la conduite et la prise en charge financière.
- Apportez un journal des crises au rendez-vous de suivi afin que toute évolution soit mesurée plutôt que remémorée.
Ce que disent les utilisateurs de Back2Sleep
Foire aux questions
L’apnée du sommeil peut-elle provoquer des crises d’épilepsie ?
Aucune étude ne prouve que l’apnée du sommeil provoque l’épilepsie. Une apnée non traitée fragmente le sommeil et réduit le taux d’oxygène dans le sang, ce qui est associé à un seuil épileptogène plus bas et à des crises plus fréquentes. Une méta-analyse publiée en 2017 dans Sleep & Breathing a constaté une apnée obstructive du sommeil chez 33,4 % des adultes épileptiques ; le chevauchement est donc suffisamment fréquent pour justifier un dépistage.
Le traitement de l’apnée du sommeil réduit-il la fréquence des crises ?
C’est possible. Dans le seul essai randomisé contrôlé par placebo (Malow, Neurology, 2008), 28 % des patients sous PPC thérapeutique contre 15 % sous placebo ont obtenu une réduction d’au moins 50 % des crises, une différence qui n’était pas statistiquement significative. Les données observationnelles sont plus solides : chez les patients observants, la fréquence est passée de 1,8 à 1,0 crise par mois, tandis qu’elle n’a pas changé chez les patients non observants (Vendrame, Epilepsia, 2011).
Comment faire la différence entre une crise d’épilepsie et un épisode d’apnée du sommeil pendant la nuit ?
Les apnées obstructives sont des pauses respiratoires répétées qui surviennent de nombreuses fois par heure, généralement accompagnées de ronflements bruyants et de suffocations entre les pauses. Les crises nocturnes sont des événements distincts caractérisés par des mouvements stéréotypés qui ne se répètent pas toute la nuit. Filmez l’événement et notez la position de sommeil, le bruit et sa durée afin d’en informer votre neurologue.
Un stimulateur du nerf vague peut-il provoquer une apnée du sommeil ?
La stimulation du nerf vague est associée à des apnées obstructives et centrales, et les réglages à cycles rapides peuvent les aggraver. Si le ronflement ou les pauses respiratoires ont commencé dans les semaines suivant l’implantation ou une modification des réglages, signalez-le d’abord à votre équipe spécialisée dans l’épilepsie. Ajuster les paramètres de stimulation est souvent la solution, plutôt qu’une orientation immédiate vers un traitement par PPC.
L’apnée du sommeil augmente-t-elle le risque de SUDEP ?
Aucune étude citée ici ne montre que le traitement de l’apnée obstructive du sommeil réduit le risque de SUDEP. L’incidence de la SUDEP est de 0,22 à 1,2 pour 1 000 patients-années dans l’épilepsie générale, et de 3 à 9 dans l’épilepsie pharmacorésistante (Epilepsy Currents, 2026). La plupart des événements surviennent après une crise convulsive nocturne ; réduire ces crises reste donc l’étape la plus clairement établie.
Un test d’apnée du sommeil à domicile suffit-il si je souffre d’épilepsie ?
Un test d’apnée du sommeil à domicile, ou polygraphie respiratoire, confirme une apnée obstructive du sommeil sans complication et est plus rapide à organiser. Il enregistre la respiration, mais pas l’activité cérébrale ; il ne peut donc pas détecter les crises nocturnes. Si vos événements nocturnes restent inexpliqués, demandez plutôt une polysomnographie complète en laboratoire avec des canaux EEG.
Puis-je conduire dans l’UE si je souffre à la fois d’épilepsie et d’apnée du sommeil ?
Ces deux affections figurent à l’annexe III de la réglementation européenne relative à la conduite, et vous devez satisfaire séparément à chaque ensemble de règles. Une OSAS modérée correspond à un indice d’apnées-hypopnées de 15 à 29, et une forme sévère à un indice d’au moins 30 ; dans les deux cas, une maîtrise de la maladie et une bonne observance du traitement sont requises. L’épilepsie est soumise à ses propres périodes sans crise. Confirmez les détails auprès de votre autorité chargée des permis de conduire.
Toute personne souffrant d’épilepsie pharmacorésistante devrait-elle passer un examen du sommeil ?
Un dépistage est indiqué pour toute personne souffrant d’épilepsie pharmacorésistante, de Ronflement bruyant ou d’apnées observées. Un tiers des patients réfractaires aux traitements présentaient une apnée obstructive du sommeil avec un indice de perturbation respiratoire d’au moins 5 (Malow, Neurology, 2000). Demandez le STOP-BANG ou le SA-SDQ plutôt que l’échelle d’Epworth, car les médicaments sédatifs peuvent masquer la somnolence diurne.
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