Dispositif de maintien de la langue vs dispositif d'avancement mandibulaire : quel appareil buccal l'emporte ?
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Dispositif de rétention de la langue ou dispositif d’avancée mandibulaire : le verdict fondé sur les données scientifiques
Une comparaison de niveau clinique, axée sur l’Europe, de deux dispositifs buccaux destinés au ronflement et à l’apnée du sommeil légère à modérée, fondée sur de véritables données d’essais randomisés plutôt que sur des arguments marketing.
Dispositif de rétention de la langue ou dispositif d’avancée mandibulaire : la réponse rapide
Dans le débat entre le dispositif de rétention de la langue et le dispositif d’avancée mandibulaire, le dispositif d’avancée mandibulaire l’emporte généralement pour la plupart des personnes. Un dispositif d’avancée mandibulaire (DGA) est une gouttière personnalisée ou thermoformable qui maintient la mâchoire inférieure vers l’avant pendant le sommeil. Un dispositif de rétention de la langue (DRT) utilise à la place une poire souple à succion pour maintenir la langue vers l’avant. Les essais randomisés montrent que le DGA entraîne une meilleure réponse au traitement et une préférence nettement plus marquée des patients, tout en produisant des réductions similaires de la sévérité mesurée de l’apnée du sommeil.
Cela dit, le « gagnant » dépend de votre anatomie. Le DRT reste une option de niche utile, et aucun des deux dispositifs ne traite l’obstruction nasale. Si votre ronflement commence au niveau des voies nasales, vous aurez peut-être besoin d’un tout autre dispositif, comme nous l’expliquons dans notre guide sur le choix du dispositif anti-ronflement adapté à votre type de ronflement. Pour une comparaison ciblée entre le nez et la mâchoire, notre analyse du stent nasal et du dispositif d’avancée mandibulaire explique dans quels cas chacun est réellement adapté.
- Le DGA surpasse généralement le DRT en matière de réponse au traitement et de confort.
- Le DRT est le mieux adapté aux personnes portant une prothèse dentaire, ayant des dents manquantes ou une langue volumineuse.
- Aucun des deux dispositifs ne traite l’obstruction située au niveau du nez ; celle-ci nécessite sa propre solution.
Fonctionnement de chaque dispositif buccal
Les deux dispositifs s’attaquent au même problème : les tissus mous qui s’affaissent dans votre gorge pendant le sommeil. Ils ciblent simplement des structures anatomiques différentes. Comprendre leur mécanisme explique pourquoi l’un peut vous convenir et l’autre non.
Dispositif d’avancée mandibulaire (DGA)
Un DGA maintient vos dents supérieures et inférieures et tire doucement la mâchoire inférieure vers l’avant de quelques millimètres. Ce déplacement vers l’avant entraîne la langue et le voile du palais avec lui, élargissant l’espace derrière la langue. Les voies respiratoires restent plus ouvertes, ce qui améliore le débit d’air et réduit les vibrations responsables du ronflement. La plupart des DGA modernes sont réglables, ce qui vous permet d’ajuster précisément l’avancée. Notre article explicatif sur le fonctionnement de l’orthèse d’avancée mandibulaire anti-ronflement détaille le processus d’ajustement étape par étape.
Appareil de rétention de la langue (TRD)
Un TRD, parfois appelé appareil de stabilisation de la langue (TSD), ne s’appuie pas du tout sur les dents. Il s’agit d’une poire souple en silicone qui crée une légère succion pour maintenir la langue vers l’avant pendant le sommeil. Comme il n’enserre pas la mâchoire, il peut convenir aux personnes ayant des problèmes dentaires, des prothèses dentaires ou aucune dent. En contrepartie, le confort peut être moindre : maintenir la langue vers l’avant toute la nuit peut provoquer une sécheresse buccale, de la salivation et une douleur de la langue.
- Une orthèse d’avancée mandibulaire avance la mâchoire, ce qui déplace indirectement la langue vers l’avant.
- Un TRD maintient directement la langue à l’aide d’une poire à succion, sans nécessiter de dents.
- Les deux agissent au même niveau de la gorge, et non au niveau du nez.

Appareil de rétention de la langue contre orthèse d’avancée mandibulaire : ce que montrent les essais
Les données les plus solides comparant ces deux appareils proviennent d’un essai contrôlé randomisé publié dans la revue SLEEP. Dans cette étude, les deux dispositifs ont réduit l’indice d’apnées-hypopnées (IAH) dans des proportions similaires, mais les taux de réponse et de préférence ont fortement divergé.
L’indice d’apnées-hypopnées compte le nombre de fois par heure où votre respiration s’arrête ou diminue pendant votre sommeil. Plus le chiffre est élevé, plus l’apnée est sévère. Dans l’essai, les deux appareils ont fait baisser l’IAH d’une valeur initiale proche de 27 à environ 12 ou 13, un résultat objectif comparable. Pourtant, les patients ont répondu au traitement et se sont sentis mieux bien plus souvent avec l’appareil mandibulaire.
Dans cet essai randomisé, 68 % des patients souffrant d’apnée du sommeil ont obtenu une réponse complète ou partielle avec l’orthèse d’avancée mandibulaire, contre 45 % avec l’appareil de maintien de la langue, et 91 % des patients ont préféré l’appareil mandibulaire (Deshpande, Chan et al., SLEEP, 2009). Les appareils de rétention de la langue peuvent réduire l’apnée et le ronflement, mais les études suggèrent que leur confort moindre tend à limiter leur utilisation à long terme par rapport aux appareils mandibulaires (Chan et al., SLEEP, 2009).
- Les deux dispositifs réduisent l’IAH dans une mesure globalement comparable lors des essais.
- Le MAD l’emporte en matière de taux de réponse (68 % contre 45 %) et de préférence des patients (91 %).
- Le confort et la tolérance déterminent si vous continuerez à utiliser le dispositif à long terme.
Comparaison côte à côte : TRD vs MAD vs dispositif nasal
Le tableau ci-dessous compare les deux orthèses buccales et ajoute l’option que toutes deux excluent : un dispositif agissant en amont sur les voies nasales. Pour les ronflements et l’apnée obstructive du sommeil légère à modérée, savoir quelle solution correspond à votre situation évite de gaspiller de l’argent et de subir des frustrations.
| Caractéristique | Dispositif de rétention linguale | Dispositif d’avancée mandibulaire | Stent nasal (Back2Sleep) |
|---|---|---|---|
| Niveau d’obstruction ciblé | Base de la langue / gorge | Mâchoire et langue / gorge | Voies nasales (en amont) |
| Dents nécessaires ? | Non | Oui | Non |
| Taux de réponse lors de l’essai | ~45 % | ~68 % | Pour les simples ronflements et l’AOS légère à modérée |
| Effets secondaires fréquents | Sécheresse, salivation excessive, douleurs de la langue | Douleurs à la mâchoire, modification possible de l’occlusion | Légère sensation nasale au début |
| Meilleur candidat | Porteurs de prothèses dentaires, langue volumineuse | La plupart des cas d’obstruction due à l’affaissement de la mâchoire et de la langue | Ronflements d’origine nasale ou intolérance aux dispositifs MAD/TRD |
| Ordonnance nécessaire ? | Généralement, après une étude du sommeil | Généralement, après une étude du sommeil | Sans ordonnance ; dispositif de classe I certifié CE |
- Les dispositifs TRD et MAD agissent tous deux au niveau de la gorge, et non du nez.
- Si votre nez est le facteur limitant, une orthèse buccale seule peut ne pas suffire.
- Un stent nasal peut constituer un complément ou un point de départ différent.

Le parcours thérapeutique européen : le diagnostic d’abord
Dans la pratique européenne, aucune orthèse d’avancée mandibulaire ne doit être choisie à l’aveugle. Le groupe de travail de l’European Respiratory Society (ERS) sur les traitements autres que la PPC a conclu que les dispositifs d’avancée mandibulaire personnalisés réduisent significativement l’IAH et la somnolence diurne par rapport au placebo. Les résultats symptomatiques et cardiovasculaires étaient comparables à ceux de la PPC, et les patients préféraient fréquemment l’orthèse d’avancée mandibulaire, les meilleurs candidats étant les personnes souffrant d’une AOS légère à modérée (European Respiratory Journal, groupe de travail de l’ERS, 2011).
Ces recommandations comportent toutefois une condition : il faut d’abord établir un diagnostic. Une étude du sommeil permet de confirmer s’il s’agit de simples ronflements, d’une apnée légère, modérée ou sévère. Une AOS sévère nécessite généralement une PPC, et non une orthèse d’avancée mandibulaire. Sauter l’étape de l’évaluation risque de traiter le mauvais problème avec le mauvais dispositif.
À l’échelle mondiale, on estime que 936 millions d’adultes âgés de 30 à 69 ans souffrent d’une apnée obstructive du sommeil légère à sévère, dont 425 millions d’une forme modérée à sévère (Benjafield et al., The Lancet Respiratory Medicine, 2019). Les études suggèrent qu’une grande partie de ces cas en Europe ne sont pas diagnostiqués, d’où l’importance de réaliser une évaluation du sommeil avant tout choix de dispositif.
- Les recommandations de l’ERS privilégient les dispositifs d’avancée mandibulaire personnalisés pour l’apnée obstructive du sommeil légère à modérée.
- Une étude du sommeil devrait précéder le choix de tout dispositif.
- Une apnée obstructive du sommeil sévère nécessite une PPC, pas un dispositif buccal.
Choisir votre dispositif : guide pratique pour prendre une décision
Une fois le diagnostic établi, il est simple d’adapter le dispositif à votre anatomie. Utilisez ces profils numérotés pour voir lequel vous correspond.
1Vous avez des dents saines et un ronflement lié à un collapsus au niveau de la mâchoire
Un dispositif d’avancée mandibulaire est généralement le premier choix. Il bénéficie des données scientifiques les plus solides, du taux de réponse le plus élevé et du meilleur confort à long terme pour la plupart des personnes. Un modèle personnalisé, posé sous la supervision d’un dentiste, est plus efficace que les modèles génériques à mouler dans l’eau chaude.
2Vous portez un dentier, n’avez plus de dents ou avez une grosse langue
Un dispositif de rétention de la langue peut être une meilleure option buccale pour vous, car il ne nécessite pas de dents pour être fixé. Sachez que la sécheresse buccale et la salivation excessive sont fréquentes, et vérifiez que vous continuez réellement à l’utiliser après les premières semaines.
3Vous ne supportez pas les douleurs à la mâchoire, les changements d’occlusion ou la succion de la langue
Si les deux dispositifs buccaux vous posent problème, il peut être intéressant d’essayer un dispositif qui se place entièrement à l’extérieur de la bouche. Un stent intranasal souple en silicone comme Back2Sleep maintient les voies nasales ouvertes pendant le sommeil sans toucher aux dents, à la mâchoire ni à la langue.
4Vous avez le nez bouché ou vous respirez par la bouche
La congestion nasale peut empêcher tout dispositif buccal de fonctionner, car la respiration par la bouche contourne les voies respiratoires corrigées. Dans ce cas, une solution nasale en amont peut être la pièce manquante, utilisée en complément ou à la place d’un dispositif buccal sous supervision médicale.
- Dispositif d’avancée mandibulaire pour les personnes ayant des dents saines et un collapsus au niveau de la mâchoire.
- Dispositif de rétention de la langue pour les personnes portant un dentier, édentées ou ayant une grosse langue.
- Stent nasal lorsque les dispositifs buccaux échouent ou qu’une obstruction nasale favorise le ronflement.
Ce que disent les utilisateurs de Back2Sleep
Foire aux questions
Les dispositifs de rétention de la langue sont-ils aussi efficaces que les dispositifs d’avancée mandibulaire contre l’apnée du sommeil ?
Ils réduisent l’indice d’apnées-hypopnées dans des proportions similaires, mais un essai randomisé publié en 2009 dans SLEEP a montré que 68 % des patients répondaient au dispositif d’avancée mandibulaire, contre 45 % au dispositif de rétention de la langue, et que 91 % préféraient le dispositif d’avancée mandibulaire. Le MAD est généralement plus efficace pour la plupart des gens.
Avec lequel est-il plus confortable de dormir : un TRD ou un MAD ?
La plupart des patients trouvent le dispositif d’avancée mandibulaire plus confortable. Dans l’étude SLEEP de 2009, 91 % le préféraient au dispositif de rétention de la langue. Les dispositifs de rétention de la langue provoquent souvent une sécheresse buccale, de la salivation et une langue douloureuse, ce qui explique pourquoi les études suggèrent que de nombreux utilisateurs les trouvent plus difficiles à supporter à long terme.
Puis-je utiliser un dispositif de rétention de la langue si j’ai des prothèses dentaires ou si je n’ai plus de dents ?
Oui. Un dispositif de rétention de la langue ne nécessite aucune dent, car il maintient la langue vers l’avant à l’aide d’une poire souple à succion au lieu de s’appuyer sur la mâchoire. Il constitue donc une option orale pratique pour les porteurs de prothèses dentaires ou les personnes ayant des dents manquantes, qui ne peuvent généralement pas utiliser de dispositif d’avancée mandibulaire.
Les dispositifs d’avancée mandibulaire modifient-ils l’occlusion au fil du temps ?
Oui, c’est possible. Maintenir la mâchoire avancée chaque nuit peut entraîner chez certains utilisateurs à long terme de légers déplacements dentaires ou des modifications de l’occlusion. Des contrôles réguliers chez le dentiste permettent de les détecter et de les prendre en charge rapidement. Les personnes souhaitant éviter tout impact dentaire préfèrent parfois un dispositif entièrement situé à l’extérieur de la bouche.
Faut-il une ordonnance ou une étude du sommeil avant d’utiliser un dispositif oral ?
Dans la pratique européenne, une étude du sommeil devrait être réalisée en premier pour confirmer s’il s’agit d’un simple ronflement ou d’une apnée légère, modérée ou sévère. Les dispositifs mandibulaires et de rétention de la langue sur mesure sont généralement ajustés sous supervision médicale. Un diagnostic permet de traiter le bon problème avec le bon dispositif.
Les dispositifs oraux sont-ils aussi efficaces qu’une machine de PPC contre l’apnée du sommeil ?
Pour l’AOS légère à modérée, la European Respiratory Society a constaté que les dispositifs mandibulaires sur mesure offrent des résultats comparables à la PPC en matière de symptômes et d’effets cardiovasculaires, bien que la PPC réduise davantage l’IAH. En cas d’apnée sévère, la PPC reste le traitement de référence. Les dispositifs oraux ne remplacent pas la PPC dans les cas sévères.
La congestion nasale peut-elle empêcher un dispositif oral de fonctionner ?
Oui. Un nez bouché vous incite à respirer par la bouche, ce qui contourne les voies respiratoires sur lesquelles agit un dispositif oral et en réduit l’efficacité. Si votre obstruction est en partie nasale, un dispositif agissant uniquement sur la langue ou la mâchoire peut ne pas suffire ; une solution agissant en amont sur les voies nasales peut être utile sous supervision médicale.
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